Notre constat sur l'état du monde

Dérèglement climatique, Épuisement des ressources, Effondrement de la biodiversité...
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
 

 
 

 
 

 
 

 

Notre Constat sur l’état du monde

 

L’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle a déjà commencé. Il est urgent d’agir !

Si vous n’y croyez pas encore (c’est assez normal, notre cerveau n’est pas câblé pour), prenez 30 minutes de votre temps pour visionner ces 2 vidéos, elles risquent fort de changer votre vie. Vous pouvez aussi lire le texte ci-dessous, extrait de la tribune de Jean-Christophe Anna.

Depuis quelques années, l’évolution de notre climat est devenue l’une des principales préoccupations mondiales. Et pour cause, les incidents climatiques graves se multiplient aux quatre coins du globe. L’été 2018 a été absolument apocalyptique : Record de températures en Suède – 30 à 35 degrés au niveau du Cercle Polaire – Sécheresse historique en Australie – 9 mois sans pluie en Nouvelle-Galle-du-Sud – Climat caniculaire au Canada – plus de 500 feux de forêt simultanés – Mousson spectaculaire en Inde, en Birmanie, au Laos, en Thaïlande et au Vietnam, Incendies très violents en Grèce, au Portugal et en Californie. Le réchauffement climatique a bel et bien commencé et il va s’accroître, voire s’accélérer dans les prochaines décennies. Les objectifs fixés en 2015 lors de la COP 21 de limiter le réchauffement climatique entre 1,5 et 2°C ne seront pas atteints. La Terre va se réchauffer de 3 à 5°C en moyenne d’ici 2100, ce qui signifie +6 à +10 degrés sur les continents…

Mais, le dérèglement du climat n’est malheureusement pas l’unique source d’inquiétude pour l’avenir de la planète et la survie de l’espèce humaine. Dans « Comment tout peut s’effondrer » (Éditions Seuil, avril 2015),  Pablo Servigne et Raphaël Stevens comparent notre civilisation thermo-industrielle à une voiture en pleine accélération, au réservoir presque à sec, déjà sortie de la route, avec un habitacle aussi confortable que fragile et une direction bloquée.

L’accélération, c’est cette croissance infinie, totalement insoutenable dans un monde aux ressources finies. Cette croissance sans limites est une arme de destruction massive pour la planète.

Le réservoir presque à sec, c’est l’épuisement des ressources naturelles, véritables limites de notre civilisation. Nous devrons bientôt nous passer de notre carburant principal, le pétrole mais aussi de nos essences de substitution, les métaux rares qui alimentent les énergies « renouvelables » – ni « vertes », ni « propres » – et… tous nos smartphones, tablettes et autres enceintes connectées… Contrairement à une croyance fort répandue, la technologie ne nous sauvera pas puisqu’elle sera privée d’énergie. Adieu voitures, conquête de Mars ou de l’univers et KO Google !

La sortie de la route, c’est le franchissement des frontières infranchissables sous peine de nous mettre gravement en danger : le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité (60% des populations d’animaux vertébrés en 40 ans), la déforestation massive et la disparition progressive du phytoplancton – nos deux principales sources d’oxygène sur terre – l’épuisement dramatique des réserves d’eau douce, la dégradation et l’appauvrissement des sols, l’acidification et la pollution plastique des océans, la fonte vertigineuse des glaces, le dégel du permafrost…

L’habitacle aussi confortable que fragile, c’est la complexité de notre civilisation : nouveau Krach financier imminent et probablement bien plus grave qu’en 2008, chaînes d’approvisionnement à flux tendu et infrastructures (transport, électricité, communication) interconnectées. Cette interdépendance provoquera des conséquences à l’échelle de la planète. Le risque d’effondrement n’est plus local comme par le passé, mais bien global !

La direction bloquée, c’est l’inertie absolue de nos dirigeants au niveau local, national, européen et international.

La situation actuelle est donc extrêmement grave. Depuis le Rapport Meadows (“Limits to Growth”) de 1972 qui annonçait déjà l’effondrement de notre civilisation, les études scientifiques les plus sérieuses se sont multipliées (GIEC, CIA, NASA, COP, Sommets de la terre…) sans que rien ne bouge. Dernièrement, les cris d’alarme s’intensifient : 15 000 scientifiques représentant 184 pays ont appelé l’humanité à changer radicalement de mode de vie « pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité » en novembre 2017. 200 personnalités ont signé un appel pour une action politique « ferme et immédiate » face au « plus grand défi de l’histoire de l’humanité » le 3 septembre dernier et dans la foulée 700 scientifiques français ont exigé des politiques de passer de « l’incantation aux actes ». Comme l’a dit Nicolas Hulot lors de sa démission, la politique des petits pas est clairement insuffisante. Si son départ a eu le mérite de réveiller les citoyens, n’attendons vraiment plus rien de notre « Champion de la Terre » dont les décisions sont d’une toxicité absolue.

 

Vous vous croyez à l’abri dans notre belle ville de Strasbourg ? Vous avez tort !

L’aspect voilé du ciel alsacien observé fin août était dû aux particules dégagées par les feux au Canada. Et quand l’Aude doit affronter des inondations meurtrières, c’est tout le Grand Est qui est confronté à une sécheresse dramatique. Le déficit de pluviométrie est si grave que le Doubs est à sec et le niveau du Rhin historiquement bas. 27 degrés à Strasbourg mi octobre, c’est inquiétant. Le nombre de journées à plus de 25 degrés a doublé cette année : 107 contre 55 en moyenne (1). Comme le révèle, une récente étude (2), la capitale alsacienne a déjà vu sa température augmenter d’1 degré en à peine 17 ans. Et la situation n’est pas prête de s’améliorer. En juillet, le climatologue et Vice-Président du GIEC (3) Jean Jouzel alertait : « Dans la deuxième partie du siècle, on pourrait craindre des températures record de l’ordre de 50 degrés, voire 55 degrés sur l’Est de la France ».

Les équipes dirigeantes de la municipalité et de l’Eurométropole ont-elles pris la mesure de la gravité de la situation ? Clairement non ! Un certain nombre de décisions vont dans le bon sens, mais il s’agit de tout petits pas qui ne vont ni assez vite, ni assez loin.

Pire, nos dirigeants locaux soutiennent des projets aussi toxiques pour notre santé et l’environnement que la rénovation à l’identique de l’incinérateur ou le GCO… Lorsque le premier sera relancé, sa trop grande capacité entraînera l’import de déchets d’autres villes, comme le dénonce l’association Zéro Déchet Strasbourg. L’avenir n’est-il pas plutôt au recyclage à 100% ? Quant au GCO, c’est un projet aussi criminel pour la nature et la biodiversité, que néfaste pour l’environnement et même totalement absurde au vu de la pénurie énergétique à venir. Malgré une multitude d’études défavorables et un soulèvement citoyen formidable, le chantier a été lancé, les forêts dépecées, avant que nos poumons ne soient asphyxiés. Et l’A35 va devenir un boulevard métropolitain pour « vivre mieux demain »… La piètre qualité de l’air strasbourgeois est pourtant régulièrement dénoncée par le collectif Strasbourg Respire (lien). La pollution atmosphérique urbaine fait aujourd’hui en France autant de victimes que le tabagisme (48 000 personnes chaque année). Reine incontestée du Vélo, Strasbourg est « en même temps » la 4ème ville la plus polluée de France. Sacré paradoxe ! Et alors que les arbres représentent la seule solution pour capter un maximum de CO2 tout en favorisant le rafraichissement de la température au sol, les places minérales se multiplient, la bétonisation de Strasbourg s’amplifie et les espaces verts disparaissent… au grand dam des sportifs qui s’en inquiètent (lien).

Alors, dans un tel contexte, il serait facile de baisser les bras. Pourtant, partout, en France et dans le monde, quelque chose est en train de se réveiller ! Des astrophysiciens aussi brillants qu’Hubert Reeves ou Aurélien Barrau prennent activement position en dehors de leur domaine d’expertise. Des citoyens néo-zélandais, pakistanais, américains, néerlandais ou irlandais attaquent leurs gouvernements pour non respect des objectifs climatiques. 12 000 étudiants des plus grandes écoles s’engagent à ne pas travailler dans des entreprises prédatrices pour l’environnement. Enfin, douze maires de communes comme Grenoble, Bayonne, Grande-Synthe ou Bègles, soutenus par des ONG, interpellent directement Total, pour lui demander de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

À Strasbourg aussi, une formidable énergie bouillonne, une puissante force s’éveille ! D’extraordinaires initiatives mobilisent des Strasbourgeois qui s’activent. Je fais partie de ces « citoyens engagés » qui sont de plus en plus nombreux à vouloir changer le monde. Comment en suis-je arrivé là ? Entre 2014 et 2017, j’ai dans un premier temps profité de mon activité principale pour délivrer des messages sur la nécessaire évolution de notre société. Puis, j’ai vraiment basculé dans un comportement de « colibri » qui fait sa part au quotidien, convaincu qu’il ne faut rien attendre de nos politiques pour conduire un vrai changement. Assez naturellement, j’ai commencé par des petits gestes pour la planète en divisant par 3 le temps passé sous la douche, en devenant végétarien, en privilégiant le vrac, le bio et le local, en supprimant toute forme de plastique de ma vie et en limitant considérablement ma consommation. Dans la foulée, j’ai créé le site web « 2017-2037 : 20 ans pour tout changer » (lien) afin d’éveiller les consciences. La vraie révélation pour moi fut ma participation active à l’extraordinaire aventure citoyenne EurOasis (lien) à l’été 2017. J’ai été littéralement impressionné par l’incroyable puissance de l’entraide et de l’intelligence collective qui a permis à une cinquantaine de Strasbourgeois, qui ne se connaissaient pas, de se mobiliser en un temps record pour co-construire ensemble un projet utile pour demain. Enfin, j’ai décidé il y a quelques mois de consacrer toute mon énergie au service du bien commun. Le faire au niveau national, européen ou international m’a rapidement paru vain. Je suis persuadé que si le changement doit bien être impulsé par les citoyens, il doit l’être au niveau local. La ville représente à mes yeux l’échelon le plus pertinent, le plus humain, le plus résilient. La proximité des élus tout comme l’efficacité directe et l’impact plus rapide des décisions y sont plus importants que nulle part ailleurs.

Pour aller plus loin, je vous recommande vivement les livres et vidéos suivant·e·s.

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