Visible ou invisible, la pollution est partout, dans nos sols, dans l’eau, dans l’air, dans l’espace et même… dans le paysage urbain avec d’un côté l’affichage publicitaire et de l’autre la pollution lumineuse occasionnée par les enseignes et vitrines qui restent éclairées toute la nuit en plus des lampadaires.

Comme nous l’avions fait en décembre dernier avec notre enquête sur la place de la nature en ville, nous vous avons mis·e·s à contribution pour recueillir les idées des Strasbourgeois·e·s.

Même mode de fonctionnement : les participant·e·s avaient le choix d’apparaître sous leur identité complète, uniquement avec leur prénom ou de manière anonyme. Et ici aussi, nous complèterons le présent article au fur et à mesure. ?

Je participe à l’enquête !
 

Si les citoyen·ne·s sont de plus en plus sensibles à la pollution visuelle, il est à noter une forte quantité d’artistes visuels parmi les répondant·e·s à notre enquête : photographes, graphistes et un Chef d’édition dans l’audiovisuel notamment.

La pollution lumineuse a d’avantage inspiré les personnes ayant participé à notre enquête que l’affichage publicitaire. Il est intéressant de relever que cette question de la pollution lumineuse, si elle en agace beaucoup, certain·e·s exigent de veiller à ce que  les rues restent éclairées la nuit au point de défendre les commerces qui restent allumés lorsque l’éclairage urbain est absent…

Leurs idées simples, efficaces, originales, brillantes ! Nous les avons regroupées en 2 catégories principales et 1 catégorie divers :

  • La Pollution lumineuse
  • L’Affichage publicitaire
  • Divers : Publicité dans les boites aux lettres et autres pollutions

 

Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé ! ?

 

La Pollution lumineuse

L’option de lampadaires avec détection de passage, solution utilisée notamment à Schiltigheim, semble plébiscitée. Tout comme l’extinction des enseignes et vitrines la nuit.

Merci aux commerçant·e·s de Strasbourg qui jouent déjà le jeu ! 🙂

 

« Obliger toutes les enseignes à être éteintes la nuit. Plus de pub et d’incitation à la consommation en dehors des heures d’ouverture des magasins (n’est-ce pas déjà une loi non appliquée ?). Mettre en place un éclairage public qui détecte le mouvement. Faire des pistes cyclables éclairées (aussi en détecteurs de mouvement passé une certaine heure) pour favoriser le déplacement à vélo et sécuriser les déplacements des femmes (et oui malheureusement). Plantez des arbres pour faire revenir les oiseaux lorsqu’on aura réussi à faire éteindre ces enseignes. Inspirez vous de ce qui se fait en Hollande avec les pistes cyclables. Comment les financer ? Sanctionner par amende les enseignes ne respectant pas le « couvre feu » et investir cet argent récolté dans des solutions bien être pour le citoyen (planter des arbres, utiliser un éclairage solaire, faire des campagnes de sensibilisation etc.). » Candice B. – Cadre

« Sensibiliser les commerçants plutôt que les habitants. Demander au maire de remplir son devoir de police et faire appliquer les arrêtés relatifs aux extinctions, en faisant des contrôles et en signalant aux contrevenants qu’ils sont en infraction, puis en sanctionnant si nécessaire. Faire éteindre les lampadaires en milieu de nuit. » Alexandre Franke – Photographe

« Interdire l’éclairage des vitrines de commerces en dehors des heures d’ouvertures. Limiter au maximum l’éclairage des rues la nuit. Éteindre autant que possible pendant un certain créneau (ex. : 1h-5h30). » Anonyme – Vendeuse en magasin bio

« Privilégier de plus nombreux petits lampadaires plus près du sol et ayant une plus courte porté à de grands lampadaires dont la lumière se « perd » à éclairer le ciel ou chez les habitants ; éteindre les enseignes lumineuses, passé une certaine heure (plus tôt qu’actuellement), voire en permanence, et limiter le nombre d’enseignes par magasin ; investir dans la bioluminescence. » Anonyme

« Souvent un lampadaire sur deux pourrait suffire. Parfois, Selon l’éclairage d’une vitrine ou d’un bar de nuit, certains coins pourraient même se passer de lampadaires. Pourquoi ne pas créer un ou plusieurs poste(s) par la ville qui consisterai(en)t à mesurer la clarté des rues/places/routes afin d’en tirer les conclusions nécessaires (ex : ici un lampadaire sur deux suffirait, là les lampadaires éclairent autant le ciel que la terre pourquoi ne pas ajouter un genre de toit réfléchissant pour ne pas nuire inutilement aux oiseaux déjà en difficulté actuellement, ou encore ici ce panneau publicitaire sert déjà d’éclairage on peut enlever tel ou tel lampadaire… ). » Jessica Picard – Photographe

« Tout simplement interdire les lumières et écrans dans les vitrines la nuit (faire respecter la loi). » Marine S. – Photographe

« Supprimer les panneaux publicitaires lumineux. Tous. Installer un éclairage de nuit intelligent avec détecteur de passage. Éteindre les autoroutes et réduire la puissance des ampoules sur les grands boulevards. »

« Interdire les publicités sur écrans lumineux animés dans l’Eurometropole/ les limiter à ceux qui existent déjà. Faire une campagne de sensibilisation pour que les vitrines ne soient plus éclairées la nuit pour de bon. (Entre les commerçants qui oublient de les éteindre en partant et ceux qui ne se sentent pas concernés par la loi, beaucoup trop de vitrines restent encore allumées la nuit). » Claire Ninck – Artiste

 

« Éteindre les éclairages publicitaires et les lumières des magasins la nuit. C’est déjà obligatoire pour les magasins mais faire en sorte que ce soit coercitif. » Anonyme – Orthophoniste

« Réduire la luminosité en fonction de l’heure de la journée, ou tout bonnement éteindre les panneaux une fois la nuit tombée, de même pour les décorations excessives. Mettre au point un système qui permettrait aux candélabres d’adapter l’éclairage en fonction de l’intensité lumineuse, dans le même principe que l’option de nos smartphones qui baisse la luminosité de l’écran s’il fait sombre. Adopter un dispositif lumineux anti lumière bleue pour ne pas perturber le cycle circadien. Mettre le livre « L’éloge de l’ombre » entre toutes les mains. » Julian – Architecte

« Sur l’intensité lumineuse : 1. appliquer une pénalité financière pour les magasins qui ne respectent pas le cadre légal. 2. sensibiliser aux éco-gestes en mettant en avant leur image « respectueuse de l’environnement » et les économies sur la facture. 3. proposer des outils tels que des programmateurs, des enquêtes / notations / sondages micro-trottoirs. 4. remplacer dans l’éclairage public les ampoules défectueuses par de nouvelles technologies à LED avec détection de présence / idem dans les parkings silo. 5. associer les clubs sportifs à la démarche en coupant l’éclairage des terrains après les entraînements (foot, athlétisme). 6. répertorier / dénoncer les entreprises et collectivités à fortes émissions. » Camille E-L – Travailleuse Sociale – Association Familiale

« Éliminer les panneaux lumineux des pubs. Éteindre les enseignes et vitrines des magasins. » Charlène M. – Étudiante Orthophoniste

« Diminuer la puissance des LED des panneaux. Repenser le jaune de l’éclairage urbain.  Proposer des parcours luminaires et des éclairages moins verticaux. » Anonyme – Chef d’Édition dans l’Audiovisuel

« Des luminaires qui ne sont actifs que lorsqu’il y a du mouvement, cela existe déjà mais généraliser ce principe avec détecteur de mouvement à l’ensemble de la ville. Multiplier les actions en sensibilisant les commerces et la Ville sur le devoir de respect de la loi (faire payer une amende le cas échéant qui pourrait être reverser à une cause, association locale, …). » Anonyme – Freelance événementiel

« Bonjour, je pense qu’il faut simplement imposer aux commerçants d’éteindre les lumières des vitrines à une heure fixe (23h-minuit). Seuls devraient être maintenus les éclairages des rues (lampadaires et feux tricolores). De même, il serait bon de réfléchir à la limitation des panneaux publicitaires lumineux, et comme pour les vitrines, d’imposer leur extinction la nuit. » Anonyme – Enseignante

« Il faudrait interdire l’utilisation de luminaires en dehors des heures d’ouverture des enseignes. Mesurer l’intensité lumineuse des différents quartiers la nuit et adapter l’éclairage en conséquence (= réduire la quantité de lumière, limiter les lampadaires là où elle est trop présente). » Jean-Baptiste David – Graphiste

« Il suffirait simplement que le maire applique le code de l’environnement et le code de la route qui, s’ils sont appliqués, réduiraient énormément la pollution visuelle. » Patrick Vuillemenot – Retraité du Ministère de l’Environnement

« Une règle : magasin fermé = lumière éteinte, interdiction de la publicité lumineuse, et des amendes dissuasives pour la respecter. Des lampadaires qui ne s’allument que lorsqu’une personne passe dessous. » Anonyme

« Extinction des éclairages de vitrines et des enseignes à 22h Max. Idem et surtout pour les zones commerciales où il n y a de toute façon pas de passage. » Véronique N. – Aménageuse d’espaces, Décoratrice

« Extinction des feux après 23h pour tout ce qui n’est pas ouvert, jusqu’à 6h le lendemain. » Pascal B. – Chef de projet informatique

« Réduire l’intensité de l’éclairage public. » Corinne Z. – Commerçante

« Envoyer une salve de recours juridique au Tribunal administratif. Avec plusieurs condamnations, la ville et le préfet seront obligés d’agir contre cette pollution visuelle. » Anonyme – Avocat en Droit Administratif

 

Pas (tout à fait) d’accord !

Nous publions ici les quelques sons de cloche divergents qui méritent tout autant notre attention.

« Je ne peux que vous dire, honnêtement que je veux qu’il reste de la lumière dans la ville la nuit. Nous sommes quelque uns qui rentront du boulot la nuit, et aussi les gens qui sortent des restos – bars la nuit . Alors en amont : vérifier donc les « éclairages » de nuit, : les lampadaires municipaux jusqu’aux banlieues, et les éventuelles rondes des services de police… » Anonyme – Organisatrice d’événements, retraitée

 

L’Affichage publicitaire

L’Équipe Strasbourg GO a mené une action de recouvrement d’affiches publicitaires en ville avec les créations des équipes participant à notre Grand Jeu Urbain.

 

« Arrêtez d’afficher des pubs en ville (mais ce serait trop beau). » Julian – Architecte

« Imaginer de nouveaux supports : de la craie ou autre outil biodégradable au sol, des murs sur lesquels on pourrait davantage accrocher/dessiner, plutôt que des écrans et des affiches imprimées. » Anonyme – Freelance événementiel

« Sur l’envahissement de la pub : 1. repenser et règlementer le système publicitaire, à plus forte raison celui qui s’impose dans l’espace public (panneaux d’affichage, totems vidéo …). 2. faire des actions en partenariat avec des associations et des lieux d’éveil à la citoyenneté (médiathèques, centres socio-culturels) pour éveiller la prise de conscience et prôner le qualitatif. 3. favoriser les recommandations personnalisées et de proximité, fidélisation de communautés (= le meilleur client étant celui qui ne part pas et en apporte de nouveaux / ambassadeurs de marques). 4. créer de l’overdose et de la sur-exposition pour dénoncer les effets de stress et de manipulation. » Camille E-L – Travailleuse Sociale – Association Familiale

« Supprimer une bonne partie des panneaux publicitaires. Remplacer les panneaux publicitaires électriques et lumineux par des panneaux fixes sans électricité. Remplacer les publicités par de l’information de la ville (événements, activités, urgences …), que ce soit sur les panneaux ou sur les affichages d’arrêts de bus/tram. » Anonyme – Vendeuse en magasin bio

Panneau interactif pour aider les sans-abris à trouver un refuge à Stockholm

 

« Que la ville arrête les affichages publicitaires inutiles sur les panneaux JCDecaux (payé par les impôts locaux ou des accords douteux entre la société publicitaire qui dispose de l’espace publique et la ville qui l’y autorise). » Anonyme

« Je sais qu’ il y a des dimensions techniques, financieres et juridiques a traiter qui demandent beaucoup d anticipation et de la competence. Intéressant de voir l expérience de Grenoble pour sa politique plus globale sur l affichage publicitaire. » Anonyme – Fonction Publique Territoriale

« Trop de publicité et d’incitation à l’hyper consommation. Il faut à tout prix la réduire, supprimer des zones d’affichage et surtout des écrans ! » Jessica Picard – Photographe

« Remplacer les panneaux publicitaires par des œuvres d’artistes locaux. » Marine S. – Photographe

« Diminuer le nombre de panneaux publicitaires. Proposer des « résidences » à des artistes pour plus d’art. Ou des textes ou donner la parole a des Strasbourgeois À travers de courtes interviews. » Anonyme – Chef d’Édition dans l’Audiovisuel

Des Strasbourgeois·e·s devant l’une de nos réalisations.

 

Divers : Publicité dans les Boite aux lettres et autres pollutions

« Pénaliser les publicitaires qui ne respectent pas les stop pub. Ne pas automatiser la distribution des informations des collectivités, mais seulement aux foyers intéressés (leur donner la possibilité de décider de recevoir ou non ces courriers qui ne sont pas nominatifs). » Anonyme – Vendeuse en magasin bio

Taxer tout type de pollution. Contrôler l’avenue du Rhin et ces milliers de camions qui y circulent tous les jours (je m’égare), idem pour l’autoroute de Strasbourg. Faites un petit vol de drone pour voir en période de pointe qui bouche nos autoroutes). » Candice B. – Cadre

Pour en savoir plus sur les impacts de la pollution visuelle et le cadre légal, nous vous invitons à lire notre article très complet « Stop à la pollution visuelle en ville ?« .

Si vous souhaitez vous aussi donner votre avis sur la pollution visuelle, GO ! 🙂

Je participe à l’enquête !
 

 

Praesent luctus Sed id ipsum dolor.