Nous produisons tellement de déchets qu’ils nous entourent partout. Ils font tellement partie de notre quotidien que nous avons tendance à les oublier, à ne plus les voir. Ils sont tellement volumineux que nous ne savons pas toujours quoi en faire. Si bien que nous hésitons entre un recyclage frileux, l’enfouissement ou pire la décharge à ciel ouvert, sans oublier l’incinération si polluante, comme c’est le cas à Strasbourg. Tickets de caisse accompagnés de leurs acolytes totalement inutile, les tickets de CB, mégots et chewing-gums qui jonchent nos rues, emballages et sur-emballages stupides pour « protéger » nos aliments, bouteilles et pailles en plastique qui finissent dans l’océan, déchets organiques non exploités, canettes en métal, verre en tout genre, habits qui ne sont plus portés, matériel électronique passé de mode ou ne fonctionnant plus… C’est un combat que nous devons toutes et tous mener, entreprises et particuliers, états et municipalités.

De véritables solutions existent et sont déjà mises en oeuvre à San Francisco, exemple connu mondialement pour le recyclage vertueux des déchets, en Norvège, pays dans lequel toutes les bouteilles en plastique sont recyclées, à Brest où l’entreprise MéGo transforme les mégots en mobilier urbain, à proximité de Stockholm où un grand magasin vend tous les objets de notre quotidien avec la particularité de ne proposer que des produits d’occasion ou recyclés. En voilà de bonnes sources d’inspiration pour notre ville. Avec à la clé la création de nombreux emplois (collecte, recyclage, reconditionnement, réparation) ! Alors, qu’est-ce qu’on attend ? 😉

 
 

Recycler toutes les bouteilles en plastique

 
Chaque année, 8 millions de tonnes de plastique finissent dans l’Océan… soit le contenu d’un camion poubelle déversé chaque minute !!!

Avant de nous passer (un jour ? Avant la fin définitive du pétrole ?) complètement de ce matériau qui est tout sauf fantastique, nous serions bien inspiré·e·s à Strasbourg comme ailleurs de suivre l’exemple norvégien si vertueux : 97% des bouteilles en plastique y sont recyclées (50 fois chaque bouteille). Les consommateurs·trices sont mis·e·s à contribution et récompensé·e·s lorsqu’ils·elles retournent ces bouteilles sur le principe de la consigne. Et le gouvernement taxe tous les fabricants !

La Norvège recycle 97 % de ses bouteilles en plastique

Un exemple en la matière.

Publiée par Forum Économique Mondial sur Mardi 5 mars 2019

 
 

Donner une seconde vie à nos mégots !

 
Chaque minute, 8 millions de mégots sont jetés dans le monde, 250 000 en France (40 milliards par an) ! Un mégot met 15 ans pour se dégrader et pollue 500 litres d’eau… il contient en effet 4 000 substances chimiques (nicotine, phenol…).

66% des mégots finissent dans la nature, sur les trottoirs et dans les égouts.

Plusieurs solutions existent aujourd’hui : de la verbalisation (68 euros pour un jet de mégot dans la rue à Paris) au recyclage en passant par la pose de VRAIS cendriers (et non des poubelles avec une partie pour écraser les mégots) en ville, notamment à la sortie des gares, aux arrêts des transports en commun, dans les parcs et finalement… un peu partout !

À Strasbourg, si les parcs sont devenus non fumeurs, les mégots sont toujours présents par milliers dans nos rues et même au pied des arbres, comme c’est le cas un peu partout et notamment au niveau des 20 nouveaux arbres du quai des bateliers. Sur ce quai, aucun cendrier. Pire, il n’y en a pas non plus sur les nombreuses terrasses sur les rives de l’Ill. Et même à côté des poubelles avec « écrasoir » à cigarettes, les mégots sont souvent jetés à côté, sans doute par crainte de mettre le feu au contenu de ces poubelles.

Pourtant, une vraie solution existe… la collecte et le recyclage ! Plusieurs sociétés s’y sont mis : ÉcoMégot à Bordeaux et surtout MeGo à Brest.

MeGo recycle les filtres des mégots en mobilier urbain ! Elle collecte les mégots, les sépare des autres déchets résiduels (touillettes, chewing-gum, …) puis retire le papier et le reste de tabac. Enfin, elle dépollue les filtres pour récupérer l’acetate de cellulose qui est broyée puis transformé par thermo-compression en plaques en plastique multi-usage.

Et dire, que l’usine de Brest est incroyablement sous-exploitée… Et si la ville de Strasbourg et l’Eurométropole proposaient à MeGo de créer une seconde usine sur leurs terres ! Chiche ?

 
 

Et viser le Zéro déchet dans une grande ville, c’est possible ?

 
Oui, San Francisco en est à plus de 80% et vise les 100 pour 2020 ! Cette ville a rendu le recyclage tout simplement obligatoire depuis 10 ans déjà (2009) et interdit les sacs en plastique et les gobelets en polystyrène et… la vente des bouteilles en plastique dans l’espace public, remplacée par des fontaines à eau ! Pour aider les habitant·e·s à adopter une démarche vertueuse, ils·elles bénéficient d’une remise sur leur redevance d’enlèvement des ordures à condition de réduire la quantité de déchets non-recyclables. Le recyclage est également profitable économiquement puisqu’il crée 10 fois plus d’emplois que l’enfouissement et l’incinération.

Une belle source d’inspiration pour Strasbourg et l’Eurométropole alors que l’incinérateur devrait bientôt redémarrer…

À San Francisco, pour recycler 1 400 tonnes de déchets par jour (la moitié de recyclables et la moitié de déchets organiques et bio-dégradables), tout le monde participe. Ainsi les professionnels du bâtiment doivent recycler au moins 65% de leurs débris. Avec tout ce qui se construit dans notre ville depuis quelques années, imaginez un peu les déchets générés… Du côté des déchets organiques, la ville a mis la pression sur les restaurants, les supermarchés et les épiceries, notamment en augmentant les taxes si les poubelles ne sont pas triées. Les taxes varient en fonction de la nature des déchets. En jouant le jeu, l’Hôtel Hilton de la ville a pu économiser 120 000 euros la première année !

Combien de poubelles pour un tel tour de force ? 3 : une bleue (papier, carton, plastique) et une verte (déchets organiques) et une noire (pour le non recyclable). À noter qu’à San Francisco, tous les déchets plastiques (y compris les pots de yaourt par exemple) quasiment sans exception, sont recyclés contrairement à la France où nous n’en sommes qu’à 20% seulement. De la même manière, 700 tonnes de déchets organiques sont compostés chaque jour. Les restes de végétaux sont mixés aux restes alimentaires pour proposer le juste équilibre aux micro-organismes. Le matériau final est de l’or pour les agriculteurs de la région et notamment la Nappa Valley.

Et comment réduire encore le contenu de la fameuse poubelle noire ? Un centre de tri s’occupe des vêtements, un autre centre récupère les ordinateurs, et encore un autres les piles et batteries.

Si San Francisco arrive à de tels résultats avec près de 900 000 habitant·e·s, nous devrions bien y arriver à 500 000 (le nombre d’habitant·e·s de l’Eurométropole), non ?

Deux vidéos pour en savoir plus, une courte (ci-desous) et une plus longue super intéressante (plus bas).

 

 

Et à l’échelle d’un pays ? La Suède le fait ! Seul 1% des déchets finissent en décharge, contre 25% en France. La ville de Stockholm va jusqu’à offrir les sacs poubelles (avec toutes les instructions dessus afin de faire le bon tri) à ses habitant·e·s.

 
 

Un grand magasin qui vend uniquement des objets d’occasion ou recyclés

 
Il existe même un grand magasin qui ne vend que des produits d’occasion ou recyclés, et notamment du matériel électronique qui fonctionne encore ou qui est re-conditionné. Ce magasin (qui a fait des petits avec 14 boutiques dans tout le pays) récupère les objets jetés, donnés ou abandonnés. Et c’est une entreprise d’insertion qui collecte les encombrants et donne une seconde vie aux objets avant qu’ils ne soient vendus.

 
 

Comment se mettre au Zéro déchet à titre individuel ou… en famille ?

 
Chaque année, un·e français·e produit 390 kg de déchet. Dans notre dernier article, nous avons déjà partagé 15 gestes utiles pour bien débuter dans l’univers du zéro déchet.

Pour changer nos comportements afin de réduire les déchets voire de les supprimer en grande partie, autant le faire en famille ! Il nous suffit de suivre les conseils de la famille presque zéro déchet…

 

… ou ceux de la célèbre Béa Johnson, cette française qui vit à… San Francisco.

 

Plusieurs familles strasbourgeoises participent au Défi Foyers Zéro Déchet lancé par l’Eurométropole et accompagné par Zéro Déchet Strasbourg.

Alors ? Go ?

 
 

Crédit Photo : Margo Moritz
 

felis sit sem, tempus id risus